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La SSR dénonce la CCT!
Le Comité du conseil central a décidé, lors de sa séance du 26.11.1998 de dénoncer la Convention collective de travail valable jusqu'à fin 1999. Le SSM condamne fermement cette décision qui est non seulement contraire aux accords contractuels, mais également inutile et offensive à l'égard du personnel de la SSR.Pourquoi une dénonciation maintenant ?
Walpen dénonce-t-il la CCT pour avoir suffisamment de temps pour négocier ? La réponse est non ! Nous avons déjà offert de négocier au CCC avant le 26 novembre 1998. Cela ne l'a pas empêché de dénoncer la CCT.
Walpen dénonce-t-il la CCT parce qu'il craint qu'attendre serait préjudiciable à la SSR ?La réponse est non ! La situation serait la même si Walpen respectait la CCT et prononçait la résiliation en juin 1999.
Pourquoi Walpen a-t-il donc choisi de dénoncer la CCT maintenant?
Les déclarations de la SSR pour justifier la dénonciation prématurée de la CCT sont des prétextes qui servent à cacher ses véritables motivations. Voyons lesquelles.
Déformer la réalité et démotiver le personnel
Nous avons largement expliqué dans notre récent flash spécial consacré à la CCT que l'objectif de Walpen est la mise en oeuvre d'une opération de démantèlement social. Bien entendu, tout employeur est libre de revendiquer ce qu'il veut en invoquant ses terribles difficultés financières. Mais il dépasse les bornes lorsqu'il discrédite publiquement le personnel en l'accusant d'être attaché à des calculs d'épiciers, de compter chaque minute de présence et ainsi de suite.
Ce genre de déclarations, messieurs les directeurs, témoigne d'un manque de respect inquiétant et pourrait avoir des répercussions catastrophiques sur le climat de travail et la motivation du personnel. Si l'on analyse les raisons de la dénonciation, on se rend compte en outre que la SSR a perdu le sens des réalités.
Ainsi, Walpen a une vision déformée de la réalité lorsqu'il affirme à tous les vents que le personnel de la SSR jouit de conditions de travail excessivement luxueuses.
Comme l'a montré une comparaison publiée le 21 octobre dernier par la Handelszeitung, les coûts du personnel à la SSR se situent à peu près au même niveau que ceux d'autres entreprises des médias.
- Neue Zürcher Zeitung (NZZ): 140 000 francs
- Groupe TA Media: 121 000 francs
- SSR: 119 000 francs
- Groupe Berner Tagblatt: 100 000 francs
Toujours au registre des images fantaisistes de la réalité, l'affirmation de Walpen selon laquelle la CCT constitue un obstacle à l'accomplissement du mandat en matière de programmes, car elle n'est pas suffisamment flexible. Même s'il est légitime d'envisager la correction de certains articles sur le temps de travail, la SSR bénéficie déjà aujourd'hui de nombreux privilèges.
Elle a le privilège de pouvoir faire travailler ses employé(e)s 56 heures par semaine sans devoir payer une seule indemnité pour heures supplémentaires.
- Elle a le privilège de pouvoir planifier ses employé(e)s 26 fins de semaine par année.
- Elle a le privilège de pouvoir obliger six fois par an ses employé(e)s à travailler trois fins de semaine consécutives.
- Elle a le privilège de pouvoir planifier ses employé(e)s 11 jours d'affilée, sans jour de congé.
- Elle a le privilège de pouvoir exiger régulièrement de ses employé(e)s qu'ils et elles travaillent la nuit.
- Elle a le privilège de faire travailler régulièrement ses employé(e)s 14 heures et même davantage par jour.
En outre, Walpen fait preuve d'irréalisme lorsqu'il veut imposer une CCT nationale privée de ses contenus essentiels et une CCT différente pour chaque unité d'entreprise. Une telle structure contractuelle ne résiste pas à l'épreuve de la réalité, car les unités d'entreprise ne sont juridiquement pas habilitées à négocier et à conclure des conventions collectives de travail.
Enfin, l'intention de Walpen de se débarrasser des syndicats est également irréaliste. Pour gérer une CCT, il faut disposer de certains mécanismes de recours, de contrôle et d'application. Sinon, à quoi bon négocier une Convention collective de travail ?
La partie ne fait que commencer !
Le 9 décembre 1998 se tiendra à Lugano le Congrès ordinaire du Syndicat suisse des mass media. Les délégué(e)s seront appelé(e)s à prendre position sur les objectifs de Walpen, à formuler nos revendications contractuelles et à définir les mandats de notre délégation aux négociations. Bref, la partie ne fait que commencer !
D'ailleurs, neuf conventions collectives de travail pour 4500 personnes, c'est une absurdité !
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