Le SSM s’oppose au démantèlement de la phonothèque RTS à Lausanne

Dans le cadre du plan d’économies qui se fait appeler « Optimum », la direction RTS a fixé un objectif de réduction de 10% du budget de D+A (Documentation et Archives), soit 570’000 francs.

Les mesures proposées par la responsable de D+A comprennent la suppression de 5 postes de travail à plein temps, à raison de 1,5 dans la cellule image à Genève et 3,5 à la phonothèque à Lausanne. Six à sept emplois seraient ainsi détruits. L’argent économisé serait théoriquement réinjecté dans des projets de Programme.

Le SSM s’oppose à ces mesures et exige leur abandon. Il l’a fait savoir dans le cadre paritaire.

Ce sacrifice démesuré imposé à la Radio ne signifie rien de moins que la fermeture de la phonothèque et le transfert des charges au Programme radio.
En effet, au-delà de la dimension sociale de ces suppressions de postes qui entraîneraient inévitablement des licenciements, rappelons les principales conséquences d’une fermeture de la phonothèque pour le Programme :

  • Report de tâches sur le personnel du Programme pour l’acquisition de musique commerciale : prospection, défrichage, achats, réception, facturation, numérisation, intégration dans les outils, saisie des données.
  • Disparition du soutien aux utilisateurs du Programme pour la saisie et les recherches de musique dans les multiples outils, y compris la nouvelle base de données PipNet dont le fonctionnement s’annonce complexe.
  • Obligation de se débrouiller seul/e pour assurer le flux des sons et des informations, voire un dépannage informatique lorsque Siranau, Siraweb, PipWeb, PipNet ou Strip rencontrent des difficultés techniques ou de métadonnées.

Etant donné que les collaborateurs et collaboratrices du Programme sont déjà sous pression et n’ont certainement pas de surplus de temps à disposition pour accomplir les tâches aujourd’hui effectuées par D+A, les conséquences générales seront les suivantes :

Baisse de la diversité dans la sélection musicale, mais augmentation des doublons (titres achetés deux ou trois fois) par manque de coordination.

  • Incohérence de saisie dans les bases de données et détérioration de la qualité des informations musicales, générant des problèmes de recherche et d’exploitation pour les droits d’auteurs et les données associées (web), ainsi que l’insatisfaction du public.
  • Mise en danger des émissions dépendant fortement de la phonothèque, restriction de l’offre dans les domaines les plus complexes (musique classique, films, bruitages, jazz, musiques du monde)
  • Standardisation et appauvrissement du service public radio.

Démanteler la phonothèque alors que la musique constitue plus de 60% du produit radio, toutes chaînes confondues, est une absurdité. Conserver une phonothèque centrale gérée par des professionnels de la documentation coûte moins cher que de créer de petites phonothèques atomisées par chaîne ou par programmateur, producteur, réalisateur, etc.

Depuis le début de la convergence, la phonothèque est la cible de remises en question récurrentes dont le syndicat a dénoncé les conséquences à plusieurs reprises dans le cadre paritaire. Des décisions ont été prises sans consulter les utilisateurs directs du Programme (la brusque descente des CDs à la cave est encore dans toutes les mémoires).

Le rôle des documentalistes, y compris leur précieux travail de prospection d’une offre commerciale pléthorique et de plus en plus fragmentée, est dévalorisé par un questionnement constant sur son intérêt pour l’entreprise. Les salarié/e/s ne sont pas associés à la réflexion en amont. Ils ne peuvent que constater la dégradation de la situation, qui compromet irrémédiablement leur avenir professionnel et la qualité des données musicales.

Les salarié/e/s n’ont pas peur du changement. Ils demandent depuis des années l’adaptation de leurs outils afin de pouvoir répondre à l’évolution de la musique achetée sous une forme dématérialisée. Ils veulent du changement pour le mieux, pas pour le pire !

Le SSM a appelé le personnel de la Radio à Lausanne à un rassemblement jeudi 11 juin à 17h pour apporter son soutien et signer le manifeste « NON au démantèlement de la phonothèque ».

SSM Lausanne, juin 2015

 

 

 Einen Kommentar verfassen

Ihr Kommentar

Bitte füllen Sie alle Felder aus.
Ihre E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht.

 

FacebookTwitter
Menü

Weitere Sprachen

Rumantsch

English 

Publikationen

Edito
 Medienmagazin

Suche