Les syndicats des médias SSM et syndicom dressent un bilan mitigé

Le paquet d’aide aux médias, que le Conseil national a adopté aujourd’hui, comprend, comme exigé par le Syndicat suisse des mass médias SSM et syndicom, trois parties: aide indirecte à la presse, mesures de soutien pour tous les médias électroniques et aide aux médias en ligne.

Les syndicats des médias SSM et syndicom saluent le fait que le Conseil national conçoive désormais aussi comme un paquet global le train de mesures en faveur des médias et qu’il ait accepté l’aide aux médias en ligne comme partie intégrante de ce paquet. Néanmoins, les décisions d’aujourd’hui montrent que le Conseil national légifère largement au profit des grands éditeurs et de la presse écrite. Il considère le service public médiatique de la SSR plutôt comme une nuisance que comme un service aux contribuables et il instaure à contrecœur une aide aux médias en ligne.

Il est juste que l’aide à la presse continue de rester limitée aux journaux et aux magazines sur  abonnement et que la presse gratuite en soit exclue. Il est aussi sensé que soit prévue une augmentation de la somme destinée à la distribution quotidienne. De plus, la nouvelle aide à la distribution matinale via des entreprises enregistrées est également judicieuse. Ce sont toutefois surtout les grands éditeurs comme TX Group (Tamedia) et CH-Media qui en bénéficient et qui doivent donc en assumer les responsabilités. Ils sont appelés à maintenir leurs titres et rédactions régionales sur les différents sites et à mettre fin aux suppressions d’emplois dont ils sont coutumiers. Il est incompréhensible que, , malgré ces nouvelles subventions, on procède dans le même temps à des licenciements collectifs dans les rédactions et auprès du personnel technique des rédactions.

Avec les restrictions en ligne que le Conseil national souhaite imposer à la SSR, il empêche cette dernière de toucher un public jeune porté sur le numérique. Il entrave ainsi la SSR dans son mandat de service public en ligne et sabote donc son mandat explicite de s’adresser à un public jeune. Le paquet de mesures en faveur des médias n’englobait délibérément aucun article sur la SSR. Une décision d’une telle portée pour la population suisse ne doit pas être introduite par la petite porte et sans consultation. Le Conseil des Etats est dès lors appelé à rectifier ce démantèlement du service médiatique de base contraire à l’intérêt de la population suisse.

Il est très positif que les médias en ligne puissent finalement aussi compter sur le soutien du Conseil national. Les 30 millions de francs mis à disposition sont toutefois disproportionnés par rapport aux millions alloués pour le financement de la presse écrite. Le Conseil national a augmenté l’aide indirecte à la presse de 70 millions de francs, pour le porter à 120 millions de francs par an. Ce montant est plusieurs fois supérieur au soutien qu’il accorde aux médias en ligne.

Il est particulièrement important que les mesures générales de soutien en faveur de tous les médias électroniques soient approuvées: le soutien renforcé aux agences de presse et aux institutions d’autorégulation (p. ex. le Conseil de la presse) ainsi qu’aux infrastructures numériques sont heureusement incontestés. Une décision qui ne va pas sans poser quelques problèmes a toutefois été prise dans le domaine du soutien à la formation continue et au perfectionnement. Ainsi, il devrait également être possible à l’avenir de soutenir financièrement les formations données directement par les éditeurs. Or ces formations internes ne sont ouvertes qu’aux personnes employées par les entreprises de médias concernées. Une correction est nécessaire ici.

C’est avec soulagement que les syndicats ont pris connaissance du fait que 30 au lieu de 20 millions de francs sont destinés à la presse associative et à la presse des fondations. Cela montre que cette presse bénéficie au Parlement du soutien qu’elle mérite. En effet ses quelque 900 titres contribuent également à la pluralité de l’information et à la formation de l’opinion en Suisse.

En ce qui concerne la durée de l’ensemble du paquet d’aide, le Conseil des Etats est appelé à rechercher une solution réaliste. Il s’agit ici de trouver un compromis entre les cinq ou dix ans proposés.
 

 

 

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