Mesures d’économies et suppressions de postes à la SSR : tout n’est pas joué

Le Syndicat suisse des mass media (SSM) a pris connaissance des principaux éléments du programme d’économies présentés par le Conseil d’administration de la SSR.

En mars, la SSR déclarait vouloir limiter autant que possible le nombre de licenciements. Elle en annonce toutefois 250 aujourd’hui, un chiffre important pour une branche déjà sinistrée. L’agenda décidé par l’entreprise fait porter un lourd fardeau d’incertitude aux employé-e-s qui sont à la veille de leurs vacances.

Dans le même temps, la SSR touche peu à l’offre de programmes. Cette suppression de postes aura donc pour conséquence mécanique une augmentation de la pression sur le personnel, dont la productivité a déjà beaucoup augmenté ces dernières années, avec des risques accrus pour la santé des salarié-e-s, ainsi que pour la qualité.

La SSR entend opérer l’essentiel des suppressions de postes via la « fluctuation naturelle » et les retraites anticipées, sans exclure les licenciements. Le syndicat va examiner attentivement la situation pour évaluer si la SSR tente de contourner le droit à la consultation prévu par le code des obligations en cas de licenciement collectif (art. 335 CO), en jouant sur le nombre de licenciements envisagé dans le but d’éviter une procédure de consultation cadrée par les services cantonaux de l’emploi.

Quel que soit le cadre juridique de celle-ci (CO ou CCT), les employé-e-s de la SSR ont droit à une consultation avant la mise en œuvre du plan d’économie de la SSR, avec pour objectif de travailler sur un business plan alternatif préservant l’emploi et les conditions de travail.

Pour faire preuve de sa bonne foi, la SSR doit mettre entre parenthèses ou freiner les réorganisations internes jusqu’à l’issue de la consultation. En effet, nul ne sait aujourd’hui ce qui ressortira de cette consultation et il serait absurde de faire le travail deux fois avec l’argent public. Elle doit également s’abstenir de procéder à des licenciements isolés non comptabilisés dans un éventuel licenciement collectif.

C’est la teneur d’une résolution que l’Assemblée des délégués du SSM a adressée à la direction.

Des assemblées du personnel se sont tenues aujourd’hui sur les deux sites romands de la RTS. Elles ont donné mandat au SSM de poursuivre l’organisation de la consultation qui interviendra à l’automne, selon l’agenda dicté par la SSR.

Une délégation de négociation a été élue pour entamer dès que possible les discussions au niveau national et régional afin de garantir aux employé-e-s des conditions permettant de travailler sur des alternatives d’économies sérieuses.

Le rejet massif de l’initiative dite « No Billag » le 4 mars, à 71,6%, en donne la légitimité aux professionnel-le-s de l’audiovisuel.

 

 

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