C’est la troisième année consécutive de licenciements économiques à la SSR. Une situation qui devrait se prolonger jusqu’en 2029. La responsabilité incombe d’abord au Conseiller fédéral Rösti, qui a décidé unilatéralement de baisser la redevance et de supprimer son indexation. Mais la SSR pourrait utiliser ses fonds propres pour absorber temporairement la baisse des revenus et miser sur la fluctuation naturelle pour réduire les effectifs. En effet, les comptes de la SSR montrent une situation très solide : Le résultat légèrement négatif de l’exercice 2025 (- 2 millions de francs) s’explique principalement par la constitution anticipée de provisions importantes (49 millions de francs) liées à la restructuration. Sur les cinq dernières années, la SSR affiche un résultat positif cumulé de près de 126 millions de francs, sans compter les provisions constituées. Les fonds propres atteignent 528 millions, soit 48% du bilan, ce qui est largement au-dessus du seuil minimal de 40 % fixé par la SSR elle-même.
De surcroît, l’entreprise a engrangé des provisions importantes, qui pourraient financer un véritable plan de reconversion professionnelle pour le personnel. Fin 2025, les réserves pour restructuration atteignent plus de 70 millions de francs au bilan, dans le but de financer le plan social pour l’ensemble des licenciements. A quoi s’ajoute le produit de la vente de la Tour à Genève qui figurera dans les comptes 2026, et dont on connaît maintenant le montant. Au total, 100 millions sur les 150 millions issus de la vente seront inscrits en tant que bénéfice comptable dans l'exercice en cours. Ce montant considérable donne à la SSR une marge supplémentaire en termes de de fonds propres et de liquidités pour amortir le choc de la baisse de la redevance sans licenciements
La SSR est une association à but non lucratif dont la mission est de fournir un service public audiovisuel à l’ensemble de la population. À ce titre, son objectif n’est pas de maximiser un résultat financier, mais d’assurer durablement son mandat, dans le respect de sa responsabilité sociale. En donnant du temps à la fluctuation naturelle et à la reconversion interne, la SSR peut réduire durablement ses effectifs sans recourir aux licenciements et en assumant pleinement sa responsabilité sociale d’employeur. Cela permettra aussi d’assurer le maintien du savoir-faire dans l’entreprise, essentiel pour garantir sa mission de service public. A l’inverse, les licenciements économiques massifs sont de nature à affaiblir considérablement le service public audiovisuel, malgré le soutien populaire franc et massif, exprimé tant le 8 mars dernier qu’en 2018 contre l’initiative No Billag. Les résultats sans appel de ces scrutins envoient un signal clair pour la défense du service public, dont la mission dépend étroitement des emplois.
La SSR doit à son personnel une possibilité de se projeter en confiance dans la transformation de l’entreprise. Les salarié.es engagé.es depuis de longues années au service du public, souvent dans un climat d’incertitude difficile, ont maintenant besoin de sécurité. Un engagement clair en faveur du zéro licenciement économique permettrait à chacune et chacun, d’aborder la transformation de l’entreprise avec davantage de sécurité, de confiance et de perspectives.
C’est pourquoi le SSM s’oppose aux licenciements économiques de la SSR. Pour les postes qui devraient être supprimées, nous réclamons la mise en place d’une véritable politique de reconversion interne, permettant de maintenir l'emploi des salarié.es au sein de l'entreprise. Il est urgent que la population et le monde politique se mobilisent pour protéger le service public, que la politique du Conseiller fédéral Rösti tente de saborder.